27 février 2017








Les actualités de l’Asie Centrale

Juin 2010 vu par les militants de Tashkent

20.01.2011 16:37 msk

Ferghana




Sur la photo: Des kirghizes d'origine ouzbek fuient vers l'Ouzbekistan d'éventuelles représailles au Kirghizstan

Il y a quelques jours a été publié en ligne par le groupe L'initiative d'Osh un Rapport sur les résultats de l'enquête indépendante sur les événements d'Osh de juin 2010 au Kirghizstan. Rapport qui expose les événéments du point de vue des ouzbeks.

Ce rapport, qui a mis plusieurs mois à sortir, décrit par le détail tout ce qui s'est passé avant, pendant et après les pogroms. Le rapport évoque des appels à l'éradication des kirghizes d'ethnie ouzbek dans la presse kirghize, des représailles ouzbeks à l'issue des pogroms, des poursuites engagées à l'encontre de militants des Droits de l'Homme et d'avocats. Les différentes phases par lesquelles ce conflit est passé, comme le note le rapport, répondent parfaitement à la définitition du terme de «génocide» formulé en 1996 par Gregory Stanton, à laquelle les chercheurs et le monde politique se réfèrent fréquemment.

Notons, que selon Stanson, le processus du génocide est composé de huit stades, les plus précoces perdurant tout au long du processus. Citons quelques exemples:

Stade 2: «Classification et le symbolisation. Une distinction nette se met en place entre «les siens» et «les autres», ces derniers se voyant attribuer des caractéristiques visibles bien définies»

L'initiative d'Osh est une fondation créée en octobre 2010 à Tashkent à l'initiative d'un Groupe de travail d'experts se penchant sur les Droits de l'Homme, dont les objectifs sont de contribuer à une enquête internationale sur les événéments de juin au Kirghizstan, de permettre des poursuites judiciaires contre les instigateurs et les exécutants des pogroms dirigés contre les ouzbeks, de faciliter la réinsertion de la population ouzbek dans la société, de lutter contre la corruption et contre la discrimination en mettant en place des mécanismes assurant la tolérance inter-ethnique et inter-religieuse au Kirghizstan et de coopérer étroitement avec les militants kirghizs et centre-asiatiques.
Stade 4. «Organisation. Un génocide est toujours organisé, dans la plupart des cas par les répresentants du pouvoir, plus rarement par des groupes informels, tesl que des groupes militaires ou religieux. Les groupes, bandes, ou foules mettant en oeuvre le génocide sont armés et (ou) disposent pour ce faire de connaissance preréquises. A ce stade, des plans meurtriers se mettent en place»

Stade 7. «Extermination. Les meurtres de masse ayant débuté, le génocide est pleinement qualifié. Les meurtriers évoquent concernant leurs actes de «défense», de «nettoyage», «d'opération sanitaire», persuadés qu'ils sont que leurs victimes ne sont pas des êtres humains à part entière. Si le génocide est appuyé par l'état, les groupes para-militaires sont soutenus par les forces armées régulières. Les actes génocidaires entraînent parfois une violente riposte de la part des «victimes»».

Stade 8: «Négation. La partie à l'initiative du génocide en nie toujours le fait. Elle conteste les témoignages des victimes, tente de détruire les fosses communes et pratique la «contre-propagande» en accusant les victimes du génocide d'avoir commis des crimes. Les auteurs du génocide s'emploient à bloquer les enquêtes sur ces crimes.

Pour autant, l'Initiative d'Osh souligne qu'elle ne tire aucune conclusion sur les événements de juin, ce qui incombe à la Commission d'enquête internationale.

«La teneur exacte des événements de juin n'est pas exactement connue. Les versions sont divergentes et, pour la plupart, visent à détourner l'attention des pogroms» écrivent les auteurs du rapport. «Le nationalisme kirghize s'est développé à partir de l'indépendance du pays dans les années 90, et, avec l'arrivéede Bakiev au pouvoir, cette tendance s'est renforcée. Aujourd'hui on peut noter que les pogroms contre les ouzbeks ont eu lieu avec l'approbation et la complaisance de Bishkek. Les premiers jours du conflit, Bishkek n'a pris aucune mesure afin d'empêcher ces événements tragiques. Les organisations internationales ont mis du temps à réagir. Les périodes les plus sanglantes ont été négligées.

On ne peut toujours pas dire que le conflit est terminé. Les arrestations arbitraires d'ouzbeks, les coups montés, les fausses accusations pour organisation des émeutes et meurtres en juin, les perquisitions illégales de maisons démontrent bien que la sécurité des ouzbeks au Kirghizstan n'est pas assurée et qu'une politique de discrimination à leur égard se perpétue.

Tant que n'est pas menée une enquête intérnationale indépendante et que les vrais auteurs des pogroms ne sont pas arrêtés et punis, les kirghizes d'origine ouzbek ne peuvent pas se sentir en sécurité et avoir foi en la justice.

Seul l'accomplissement de la justice pourra faire obstacle aux vélléités de vengeance entre deux ethnies soeurs – les ouzbeks et les kirghizes. Nous espérons que l'enquête internationale pourra établir les vraies raisons des événements tragiques de juin et aider à poursuivre les vrais coupables», notent les auteurs du rapport.

Les événements qui ont précédé les pogroms de juin

Selon le rapport, l'examen des faits démontre que bien avant les pogroms de juin et pendant leur déroulement, les média kirghizes publiaient des articles à caractère raciste et ultra-nationaliste contre les kirghizes d'ethnie ouzbek et d'autres minorités éthniques du pays. Les membres du gouvermenet provisoire incitaient à la haine raciale par des déclarations irresponsables.

Topchubek Turgunaliev, par exemple, le directeur de l'Agence de protection de l'environnement déclarait: «Que les ouzbeks aillent en Ouzbekistan». Le journal du gouvernement Erkin-Too publiait le 25 mai 2010 un article de Riskeldi Mombekov, ministre de Culture, intitulé «Il ne faut pas avoir honte d'être d'extrême droite» et d'autres articles. Ainsi, note le rapport, l'intolérance inter-ethnique progressait parmi la population d'etnie kirghize.

Le rapport cite d'autres exemples.

Le 4 mars 2010, le journal kirghize Asman KG publiait un article de Mirza Meder qui affirmait: «en 1990, les kirghizes d'ethnie ouzbek avaient tenté de rendre autonome l'Oblast d'Osh en faisant la guerre avec les kirghizes. Notre arrière-grand-père Kaligul disait «l'ancien ennemi ne sera pas notre ami». Je ne peux pas être entièrement d'accord avec ces propos mais les ouzbeks peuvent-ils nous aimer aujourd'hui? Les anciennes blessures ne s'oublient pas. Il y a peu, ils exigeaient la reconnaissance officielle de la langue ouzbek. Qu'est-ce que ça veut dire? Nous, les kirghizes, cherchons des moyens de vivre, de faire evoluer l'économie, et ces ouzbeks ne pensent qu'au statut de leur langue. Comment peut-on comprendre cela?»

L'auteur de l'article se disait alors prêt à se battre pour chaque pouce de terre kirghize, affirmait que tout patriote kirghize devait être prêt à en faire de même, et que s'il ne voulait pas la guerre, il était, pour la terre kirghize, prêt à se battre contre n'importe-quel ennemi.

«De nombreuses ethnies vivent au Kirghizstan. Les kirghizes de «pur sang», les maîtres des terres», travaillent pour eux comme des esclaves. Si nos aïeux avaient su que sur leur terre, la prochaine génération serait réduite en esclavage par les descendants des ennemis qu'ils combattaient, alors ils les auraient exterminés. Pourquoi nos aieux se sont-ils battus de tous temps, pourquoi sont-ils morts en défendant notre terre?! Pour que nos «hôtes» sur la terre kirghize bafouent les kirghizes?

Non! Nous devons nous reprendre! Si nous chassons de chez nous 10000 de ces «hôtes», nous libérerons des maisons pour autant de kirghizes. Pourquoi, sous notre propre toit, nos hôtes vivent-ils mieux que nous, et nous, kirghizes de sang pur, devons-nous vivre moins bien? Si des lois sur l'amélioration du statut des kirghizes (et non des autres éthnies) au nivea d'Etat de sont pas décrétées par le gouvernement, s'il n'y a pas d'amélioration du niveau de la vie pour le peuple kirghize, nous serons forcés d'appliquer les méthodes de nos ancêtres. Pour parler franchement, pour, moi, sur la terre kirghize, les kirghizes doivent vivre mieux que toutes les autres ethnies: ouzbeks, dounganes, ouighours, turcs, caucasiens... Tout kirghize doit vivre mieux! Car nous vivons sur notre terre, chez nous.»

Les auteurs du rapport constatent qu'aucun département d'état n'a réagi d'aucune manière pour empêcher la publication et la diffusion de ce genre d'appel dans la presse kirghize.

L'Univesité de l'Amitiés entre les Peuples a été, d'après les auteurs, la première confrontation entre les kirghizes et les ouzbeks. Cette université a été construite grâce aux dons de Kadirjan Batirov, vice-président du centre culturel ouzbek du Kirghizstan.

Selon le rapport, «le 12 avril 2010, Kadirjan Batirov, dans un entretien avec des journalistes, évoquait des «quotas pour les kirghizes d'ethnie ouzbek dans les structures d'état»». Selon le pouvoir, c'est la transmission à la télévision de cet entretien sur les chaines MezonTV et OshTv qui, le 19 mai, aurait déclenché le conflit à Djalal-Abad. Le 24 mai, note le rapport, les responsables de ces chaînes ont été convoqués au Parquet.

«Les temps où les kirghizes de l'ethnie ouzbek restaient à la maison sans participer à la construction de l'Etat est révolu. Nous avons activement soutenu le gouvernement provisoire et nous devons participer à tous les processus civiques» davait déclaré K. Batirov lors de l'entretien. Lors des rassemblements organisés par K. Batirov et ses adeptes, les représentants de la population ouzbek du Kirghizstan demandaient en effet les réformes suivantes:

- Quota de 30 % pour les représentants des minorités dans les structures d'état (les minorités au Kirghizstan répresentent près de 30 % de la population totale). De moins en moins d'ouzbeks sont présents dans les structures d'état. Les forces de l'ordre mono-éthnique portent atteinte aux droits des kirghizes de l'ethnie ouzbek, les torturent dans certains cas, montent des coups, assassinent. Les forces de l'ordre dirigées par Janish Bakiev se sont transformé aux services de persécution des ouzbeks, qui craignent pour leur vie et leur sécurité.

- L'usage de la langue maternelle. L'enseignement de la langue maternelle aux minorités. Dans tous les pays démocratiques il existe un droit des minorités à l'usage de leur langue, conformément à l'article 27 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Mais au Kirghizstan, les ouzbeks, qui représentent 20% de la population totale, sont privés de ce droit.

- Le droit à une procédure simplifiée d'obtention de nationalité kirghize pour les répresentants des minorités ethniques autrefois de nationalité kirghize. Selon la nouvelle rédaction de la constitution, les ouzbeks nés au Kirghizstan sont privés de leur droit à l'obtention de la nationalité, alors que les kirghizes nés à l'étranger jouissent du droit à la naturalisation par procédure simplifiée.

Puis les auteurs du rapport évoquent le pogrom de l'Université de l'Amitié entre les peuples à Djalal-Abad. Le 19 mai 2010, près de 2000 kirghizes ont jeté des pierres sur le bâtiment «dans le but d'inciter à la haine interéthnique», cassé des vitres, essayé de l'incendier avec la bénédiction du GIGN kirghize, et des forces de l'ordre. Mais dès que les gens qui se trouvaient à l'intérieur du bâtiment ont tenté de répousser les maraudeurs, le GIGN kirghize s'est mit à tirer sur les ouzbeks, ce qui s'est soldé par des morts et des blessés. Les ouzbeks espéraient une enquête équitable et la poursuite des auteurs des émeutes pro-bakievs et des policiers qui ont tiré sur les gens. Mais le nouveau gouvernement a déclaré coupable K. Batirov malgré le fait qui défendait sa propriété.

Les crimes commis lors des pogroms des 10-16 juin 2010 dans le sud du Kirghizstan

Les auteurs du rapport notent qu'il existe plusieurs versions divergentes des débuts des événements de juin dans le sud du Kirghizstan.

«Selon les répresentants de la communauté ouzbek le 10 juin 2010 se sont produites des altercations entre kirghizes et ouzbeks dans les rue Ferghanskaya et Zainabetdinov à Osh. Dans la nuit du 10 au 11juin 2010, à minuit, des kirghizes ont passé à tabac un ouzbek dans le casino «24 heures» à Osh . Non loin du casino, à la cité universitaire d'Osh, des étudiants kirghizes se sont rassemblés afin de donner la chasse à des ouzbeks. Les ouzbeks ont été obligés de se rassembler pour protéger leurs quartiers. La police a ouvert le feu sur des ouzbeks dans les rues Alisher Navoi et Kurmanjan Datka, où ils sont majoritaires. Dans le quartier Zapadnii, des kirghizes appuyés par des chars ont tenté de s'introduire dans des quartiers ouzbeks (rue A. Navoi, Boston). Des chars sont entrés dans la rue A. Navoi en éblouissant les habitants avec des projecteurs et ont ouvert le feu. Bilan: 30 ouzbeks morts, 250 blessés. Des nationalistes kirghizes ont également tenté de s'introduire avec des chars dans les quartiers de la rue Djiidilik

Le 11 juin 2010, dans les quartiers d'Osh à majorité kirghize, les maisons des ouzbeks ont été marquées afin que les pillards puissent les reconnaître et assassiner leurs propriétaires. Des militaires ont ouvert le feu sur des ouzbeks qui ne faisaient que défendre leurs maisons, encore une fois appuyés par des chars et des renforts civils. Les militaires n'ont rien fait pour arrêter les kirghizes, approvisionnant au contraire en armes les mauraudeurs qui arrivaient des quatre coins du pays, pillant eux-même et tuant des ouzbeks.

Témoignage : le début des pogroms dans les quartiers ouzbeks.

Kadirjan, chauffeur de taxi, est invité dans sa famille dans la nuit du 10 à 11 juin. «J'ai reçu un coup de fil de mon voisin qui m'a dit que des tirs se faisaient entendre près de chez moi. Je suis rentré à toute allure, mais l'accès à la rue a été déja bloqué». Les maraudeurs n'étaient pas encore là, mais le chauffeur de taxi et ses voisins décident de s'armer de bâtons pour défendre leurs maisons. «Un peu plus tard, un colonel kirghize de notre connaissance s'est approché et nous a crié : «allez-vous en, les chars arrivent!». Les ouzbeks tentent alors de bloquer la rue avec un mini-bus, mais n'en ont pas le temps. «Un char est apparu à l'angle en tirant de tous les côtés. Je n'ai pas eu le temps de comprendre quoi que ce soit, j'étais déjà en train de courir à toutes jambes dans le sens opposé. Il y avait sept personnes autour de moi. Quetre entre elles ont été foudroyées en quelque secondes», raconte Kadirjan.

Les victimes, les témoins et les journalistes décrivent tous le même mode opératoire. Un char ouvre la voie à une foule armée de pierres, de bâtons, de cocktails molotov. Cette foule pille et incendie tout sur son passage. Ce sont les maisons qui bordent les grandes rues qui sont les plus touchées, les chars ne pouvant pénétrer les rues étroites, et l'«infanterie» craignant de s'aventurer au fond des petites rues. Personne ne peut expliquer comment les kirghizes ont pu se procurer des chars. Selon certaines versions, la foule aurait pillé des casernes. Pour autant, nombre d'ouzbeks parmi lesquels d'anciens militaires ont vu sur les chars des soldants en uniforme. Les employés de la mairie d'Osh n'excluent pas que des militaires kirghizes aient pu prendre l'initiative d'aider leurs frères. Bien entendu, aucun ordre n'a été émis par la hiérarchie pour attaquer les ouzbeks.

Les réfugiés kirghizes d'origine ouzbek en Ouzbekistan
Les réfugiés kirghizes d'origine ouzbek en Ouzbekistan

Les ouzbeks du Kirghizstan qui ont trouvé refuge en Ouzbekistan confirment que les maraudeurs étaient précédés par des chars lors des pogroms. Beaucoup de kirghizes, avec qui les journalistes ont pu s'entretenir, ont indiqué qu'à la veille des pogroms ils ont reçu des sms affirmant que l' «Ouzbekistan ne viendrait pas en aide aux ouzbeks du Kirghizstan, qu'on pouvait les éliminer».

Selon les informations officielles émises par le Ministère de la santé du Kirghizstan, près de 420 personnes ont été tuées et 2000 hospitalisées lors des événéments de juin. Mais ces chiffres pourraient être loin de la réalité, ces chiffres officiels ne prenant en compte que les hospitalisations. De nombreuses familles ont récupéré les dépouilles des défunts, les corps gisaient dans les rues et dans les mosquées. Il est encore plus difficile de compter les blessés car les habitants des Oblast d'Osh et de Djalal-Abad se sont enfermés chez eux. Près de 10 000 ouzbeks ont été blessés près de leurs maisons. Près de 2 500 maisons et 1000 commerces détenus par des ouzbeks ont été incendiés. Près de 500 voitures ouzbeks ont été brûlées. Plus de 1000 voitures ont été volées à des ouzbeks pour partir dans la direction du bourg de Daraot-Korgjon dans la Région d'Alai et Papan. Les forces de l'ordre, étroitement liées aux groupes criminels kirghizes, ont fourni de nouveaux papiers aux voleurs kirghizes sous prétexte que les anciens auraient brûlé dans les bâtiments de la gendermerie kirghize d'Osh. La majeure partie des biens volés des ouzbeks a terminé dans les bourgs Daraot-Korgjon, Papan, Tchon-Alai, Kara-Kulgja, Aksii, Alai, dans les datchas des environs de Djalal-Abad. Plusiers centaines de milliers d'ouzbeks ont été obligé de quitter leurs maisons, plus de 10 000 personnes se sont réfugiées en Ouzbekistan pour se protéger des atrocités de l'armée kirghize et des mercenaires. Des centaines de milliers d'ouzbeks ont quitté le pays pour la Russie.

Le rapport note aussi que lors des événements tragiques d'Osh, des représentants des forces de l'ordre faisaient de l'argent en évacuant les gens de la zone du conflit. «Etre évacué de la zone des pogroms coûtait le 14 juin 10000 soms (près de 220 dollars) pour une personne, quel que fut son âge. Pour ce prix, on pouvait aller jusqu'à la frontière ouzbek, à 10 km d'Osh, ou jusqu'à l'aéroport, à une demi-heure de la ville, avec une voiture aux vitres teintés, parfois sous la protection d'hommes armés».

Le rapport note aussi de nombreux cas de viols. «Victimes et témoins rapportent des cas de viol d'ouzbeks. Le viol a été utilisé comme arme de dissuasion et d'humiliation des minorités ethniques. Femmes, hommes et enfants ont subi des viols, le plus souvent avec des objets tels que des bouteilles, des bâtons... sous les yeux des proches. Des cas de viols de groupe ont été rapportés. Dans certains cas, les victimes ont été brûlées avec de l'essence ou pendues bien en vue.

Dans leur analyse de la réaction du Gouvernement provisoire lors des événements de juin, les auteurs du rapport notent que ni le gouvernement, ni les forces de l'ordre, ni l'armée ne se sont acquittés de leurs tâches pour prévenir les exactions menées contre une population pacifique et pour enquêter sur les crimes commis lors des pogroms. «Le couvre-feu imposé par le gouvernement n'était dans bien des endroits pas respecté par les kirghizes et n'était effectif que pour les ouzbeks. Les forces de l'ordre et les forces armées ne s'y sont pas non plus pliées».

Le pouvoir fait obstacle à l'enquête menée sur les crimes commis lors des pogroms de juin

Dans cette partie du rapport les auteurs évoquent de nombreux témoignages concernant des pressions exercées par les forces de l'ordre lors des dépôt de plaintes. Des victimes ouzbeks s'en sont vues refuser l'enregistrement. Les répresentants des forces de l'ordre les obligeaient à évoquer des agresseurs non identifiés en lieu et place de kirghizes et n'acceptaient de recevoir les plaintes d'ouzbeks qu'à cette condition. Nombres de telles plaintes sont portées en copie au rapport.

Poursuites judiciaires contre des ouzbeks après les pogroms

«A partir du 17 juin 2010 les forces de l'ordre du Kirghizstan ont lancé des opérations de «nettoyage». Les employés du GNKB (KGB kirghize), de la police, du GIGN kirghize, de l'armée, se sont ntroduits chez des ouzbeks, les ont volés, ont interpellé des membres de la famille, essentiellement des hommes. Dans des locaux de l''UVD (poste de police), des policiers ont roué de coups des ouzbeks et ont fait usage de la tortures('éléctricité, aiguilles sous les ongles...), les poussant à faire de faux aveux concernant des meurtres d'ouzbeks et de kirghizes, des incendies volontaires, des commerces ouzbeks. Après avoir extorqué de fortes sommes aux familles des accusés, les policiers laissaient partir les ouzbeks à demi morts avec interdiction de quitter le territoire. Des parents de prisonniers battus à mort, s'adressant à des hopitaux où les médecins sont majoritairement kirghizes, se sont vus refuser toute aide.

Ces violations massives des droits de l'Homme persistent encore. Les forces de l'ordre kirghizes ne poursuivent pas les militaires, les policiers et mercenaires kirghizes qui ont participé aux pogroms. Quand les représentants d'organisations internationales (ONU, OSCE) visitent les prisons, les détenus les plus marqués sont déplacés et d'autres sont soumis au chantage, leurs vies et celles de leurs familles menacées. Afin de dissimuler l'ampleur des tortures, on a placé la majeure partie des détenus ouzbeks dans des prisons non officielles où ils sont torturés sans crainte de visite des organisations intérnationales. Les lettres des familles adressées à Roza Otunbaeva ne font qu'empirer la situation des ouzbeks» note le rapport.

Les auteurs citent des exemples de tels «nettoyages».

-Le 18 juin M. Mirzakmatov, maire de la ville d'Osh, convoque les leaders de la communauté ouzbek. A l'issue de la réunion, Rashid Khodzaev, président du centre culturel ouzbek, a été arrêté et passé à tabac. Les autres ouzbeks ont pu fuir les mercenaires en armes du maire de la ville. Burivai Djuraev, ex-député du parlement kirghize, est envoyé pour réconcilier ouzbeks et kirghizes mais est arrêté par trois policiers. Le séptegenaire est passé au tabac, passe 24h en garde à vue, se voit confisquer son automobile, qu'il ne pourra récupérer.

-Le 18 juin, le maire de la ville d'Osh convoque Akhram Khakimov, et exige de lui qu'il témoigne que les quartiers ouzbeks du district de Alimbel Datka n'ont pas été attaqués seulement par des kirghizes mais aussi par des ouzbeks, ce qu'il refuse. Son café est alors brûlé et pillé ainsi que ses autres commerces.

-le 19 juin, des policiers se présentent à l'école Aitmatov du bourg de Nariman et rouent de coups M. Abaidullaev, chargé de la distribution de l'aide humanitaire, ainsi que le directeur de l'école, tous deux âgés. Leur argent et leurs téléphones portables leur ont été volés. Nariman Chadmanov, édile local, est toujours sous le coup d'une enquête judiciaire.

-le 22 juin, à 5h30, le nettoyage commence au bourg de Nariman. Bilan: quatre morts dont une femme, 30 blessés, 52 interpellés (tous ouzbeks). Le GIGN kirghize a saisi l'argent, les voitures, les bijoux, les postes de télévision, les ordinateurs et d'autres objets de valeur. Les passeports ont été saisis et brûlés. Les passeports des plus riches ouzbeks ont fait l'objet de rançons. Plus de 180 ouzbeks ont été interpellés à Tadgikabad. Malgré la plainte déposée par le propriétaire d'une voiture volée par des policiers, aucune mesure n'a été prise. Le sous-colonel de l'UVD d'OSH (police kirghize) est aujourd'hui au volant d'une telle voiture, qu'il gare sur le parking de l'UVD, sans que K. Asanov, son supérieur, ne réagisse aucunement. Rien n'empêche donc les répresentants des forces de l'ordre de voler des voitures et de circuler librement.

-le 22 juin 2010, Ulugbek Rasulov a été arrêté par le GIGN kirghize. Il a été accusé d'avoir incité à la haine inter-ethnique, d'avoir tué son frère cadet et d'avoir incendié sa maison. Sous la tortures (il a été violé en prison), il est passé aux aveux.

D'autres arrestations arbitraires, d'autres pillages ont été perpétrés à l'encontre des ouzbeks. Des hommes armés en uniforme militaire se sont introduits chez des ouzbeks, ont violé des femmes, ont pratiqué le pillage, saisi des titres de propriété, interpellé des hommes.

Des poursuites contre militants des Droits de l'Homme et avocats

Les forces de l'ordes se sont mises à traquer tout témoignage des émeutes pour effacer les traces des pogroms. La chasse aux clichés a commencé.

Les 15 juin 2010, à Bazar-Korghon, des policiers arrêtent Azimjan Askarov, chef de l'organisation de défense des Droits de l'Homme Vozdukh.

Les rapport indique que le 15 juin, des hommes cagoulés ont fait irruption dans le demeure de A. Askarov, réclamant à sa femme des films et des vidéos. Devant son refus, ils ont alors tiré des salves de mitraillettes. Ils entrèrent alors dans la maison pour chercher appareils photos et caméra vidéo.

Selon les sources officielles, A. Askarov est accusé d'avoir participé aux émeutes et au meurtre d'un policier kirghize. Les militants des Droits de l'Homme et ses collègues affirment qu'A. Askarov avait réuni des documents sur les violations des Droits de l'Homme lors des émeutes mais n'y avait pas participé.

Les auteurs du rapport notent que «selon des sources fiables» A. Askarov a subi des tortures. Il s'est présenté avec des traces de coups sur le corps. A. Askarov et d'autres accusés ont été roués de coups par les policiers et par les membres de la famille du policier défunt avant de pénétrer dans le tribunal.

A. Askarov et d'autres accusés ont été condamnés à perpetuité pour des crimes qu'ils n'ont pas commis.

Les auteurs du rapport afirment que le pouvoir kirghize a intensifié les poursuites contre les militants des Droits de l'Homme après les pogroms de juin. Avocats, accusés, les membres des familles ont été passés à tabac, ont subi des intimidations. Des procès inéquitables ont été tenus. Des plaintes d'avocats concernant des agressions ont été ignorées. Les juges, les forces de l'ordre n'ont pris aucune mesure pour arrêter les agresseurs.

Le rapport donnent des exemples de cas d'agressions sur les avocats et les accusés.

Conclusions

Les auteurs du rapport considèrent que les événements de juin sont bel et bien des pogroms visant la population ouzbek et non des confrontations interethniques ou un attentat international. Des pogroms qui ont été planifiés par certains hommes politiques en coopération avec les chefs de groupes criminels kirghizes et les adeptes de l'ex-président Bakiev. Des pogroms menés par des kirghizes venus de villages pauvres et éloignés, non par le peuple kirghize tout entier. Les forces de l'ordre y ont participé. Selon les auteurs du rapport, seule une enquête équitable permettant de démasquer les vrais auteurs des événements de juin poura constituer un premier pas vers la réconciliation entre ouzbeks et kirghizes.

Les auteurs du rapport invitent le Comité international d'enquête sur les événements de juin et le gouverement kirghize à répondre aux questions suivantes :

-Pourquoi les services de renseignement du Kirghizstan n'ont-ils rien fait pour empêcher les émeutes, malgré les avertissements formulés par les experts, pourquoi aucun fonctionnaire des services de renseignement n'a-t-il été renvoyé?

-Pourquoi les mercenaires kirghizes qui ont agi sous la direction d'Aliman Amanov en attaquant l'Université pour l'Amitié de Djalala-Abad n'ont-ils pas été interpellés? Pourquoi Kadirjan Batirov, qui défendait ses biens, a-t-il été désigné comme accusé et non les mercenaires kirghizes qui usurpaient les biens des ouzbeks?

-Pourquoi Mirza Meder n'a-t-il pas été poursuivi pour ses propos racistes dans les articles publiés le 4 et 11 mars dans Asman KG et sur les chaînes nationales?

-Pourquoi, le 8 juin 2010, à deux jours du conflit, M. Amatov, fonctionnaire d'une entreprise de fourniture d'énergie d'Osh, renvoie-t-il 28 ouzbeks à la fois ? Pourquoi le gouvernement kirghize n'a-t-il rien fait à l'encontre de M. Amatov, qui, après les événements de juin, a licencié tous les ouzbeks et les russes de l'entreprise de gaz d'Osh et embauché des kirghizes incompétents.

-Pourquoi les chefs de la police kirghize, à une journée des pogroms, ont-ils ordonné la distribution d'armes aux policiers kirghizes et le désarmement des policiers d'ethnie ouzbek? Pourquoi des policiers d'ethnie ouzbek se sont-ils vus forcés de remettre une lettre de démission permettant le recrutement de kirghizes à leur place?

-Pourquoi les forces de l'ordre ont-ils fourni aux mercenaires des chars, des armes, des gilets pare-balle, des mitraillettes? Pourquoi aucun fonctionnaire du Ministère de la Défense n'a-t-il poursuivi ? Pourquoi les forces de l'ordre, les jours suivant les pogroms, n'ont-ils rien fait pour récupérer les armes et localiser les mercenaires armés ainsi que les soldats de l'armée kirghize qui les avaient rejoints?

-Pourquoi le gouvernement kirghize et les forces de l'ordre n'ont-ils pas placé de barrage aux abords de la ville d'Osh le 10 juin 2010 afin d'empêcher les mercenaires kirghizes d'entrer dans la ville et éviter le carnage?

- Pourquoi le gouvernement kirghize et les forces de l'ordre ont-ils donné l'ordre à la police, le 10 juin, à 23h30, de tirer sur les ouzbeks dans la rue A. Navoi? Pourquoi le gouvernement kirghize et les forces de l'ordre ont-ils ordonné à l'armée, le 11 juin 2010, à 1h30, de se servir des chars, et, à 2h du matin, de tirer à la mitrailleuse sur les ouzbeks dans les rue A. Navoi, Boston, Alemastrov, Lenin, Kurmanjan Datka, N. Nematov à Osh? Pourquoi le gouvernement kirghize et les forces de l'ordre n'ont-ils pas reconnu la dizaine de morts et les centaines de blessés ouzbeks du premier jour des pogroms?

-Pourquoi aucun représentant des forces de l'ordre ne s'est-il manifesté pour prendre la défense des ouzbeks et de leurs biens quand les mercenaires kirghizes, équipés de chars, et avec la complicité de l'armée kirghize comme de la police tuaient, violaient les ouzbeks, les brûlaient vif, pillaient et incendiaient les maisons à Osh trois jours durant? Pourquoi, bien que des ouzbeks aient appelé la police, personne ne s'est-il deplacé pour les aider? Pourquoi les responsables des forces de l'ordre ne sont-ils pas poursuivis pour ne pas s'être acquittés de leurs dévoirs lors des pogroms? Pourquoi occupent-ils toujours des postes clé?

- Pourquoi aucun répresentant des forces de l'ordre ne s'est-il manifesté pour s'opposer aux pillages sur le marché central d'Osh et sur les autres marchés où travaillent majoritairement les ouzbeks? Pourquoi, là encore, les responsables des forces de l'ordre n'ont-ils pas été pousruivis pour ne pas être intervenus ?

-Pourquoi, lors du pillage de centres commerciaux tels que le Mukharram, les soldats kirghizes et la police se sont-ils contentés d'observer avant d'eux-même forcer les portes et de participer? Pourquoi aucun soldat, aucun policier n'a-t-il été poursuivi?

-Pourquoi les tireurs d'élite qui ont tué des civils du sommet de la montagne Sulaiman ont-ils été aperçus sortant à pied d'une caserne voisine? Pourquoi les responsables de cette caserne n'ont-ils pas été entendus sur cette affaire et sur les pogroms dans ces quartiers?

-Pourquoi personne n'est-il sorti des casernes qui se trouvent autour des rues de Navoi, Boston, Shamshad, Djupasse, majoritairement peuplées d'ouzbeks, afin d'empêcher les assassinats, les pillages, pour arrêter les camions venus récupérer le butin, pour stoppper les viols? Pourquoi aucun responsable n'a-t-il été poursuivi?

-Pourquoi, quand 30 taureaux hollandais ont été volés dans la maison des Istrailov, dans la rue A. Navoi, juste à côté d'une caserne, aucun militaire n'est-il sorti pour secourir les voisins? Pourquoi les responsables de cette caserne qui ont permis les pogroms ne sont pas poursuivis?

-Pourquoi, malgré le couvre-feu, des mercenaires kirghizes ont-ils pu tuer, piller, violer impunément? Pourquoi le couvre-feu n'était-il valable que pour les ouzbeks, qui ne faisaient que défendre leurs maisons? Pourquoi les militaires tiraient-ils sur les ouzbeks qui défendaient leurs maisons et non sur les kirghizes qui les tuaient?

-Pourquoi, après les pogroms d'Osh, le gouvernement kirghize et les forces de l'ordre n'ont-ils pas placé de barrage aux abords de Djalal-Abad pour bloquer l'accès aux mercenaires kirghizes, en accord avec le couvre-feu, afin d'empêcher les pogroms?

-Comment les mêmes événements ont-ils-pu se reproduire à Djalal-Abad, des mercenaires prenant les armes et se servant de chars? Pourquoi, après les évenements d'Osh, rien n'a-t-il été fait pour protéger les dépôts d'armes?

-Pourquoi des barrages de police n'ont-ils pas été placés du côté d'Alai, de Tchon-Alai, de Kaka-Kildja pour trouver des armes sur les kirghizes qui quittaient les région d'Osh et Djalal-Abad après les pogroms?

-Pourquoi les forces de l'ordre n'ont-elles rien fait pour rendre aux ouzbeks les biens qui leur avaient été volés, bien que les ouzbeks aient pu indiquer où ils se trouvaient? Selon certains sources, ces biens se trouvaient dans des maisons délabrées de Cheremushki, dans les bourgs de Papan ou de Daraot-Korghon. L'inaction des policiers ne témoigne-t-elle pas d'une collusion entre les forces de l'ordre et les mauraudeurs?

-Pourquoi les soit-disant opérations de nettoyage n'ont-elles été menées que dans les zones à forte densité ouzbek? Pourquoi les territoires à majorité kirghize n'en ont-ils pas connu? Pourquoi personne n'est-il allé dans les lieux où habitaient les kirghizes venus pratiquer le pillage à Osh et Djalal-Abad, tels que KHBK, Yogo-Vostok, Alai, Kara-Kildja, Tchon-Alai, Papan, Daraot-Korghon où se trouvent toujours les camps d'entraînement des mercenaires?

-Pourquoi les leaders des groupes criminels kirghizes, Almamat Manapiyaev, Melis Mirzakmatov, Kadir Dusanov (surnommé Djengo), Suyun Omurzakov, Kuba (d'Aravan), Iskender Gaipkulov, qui ont directement plannifié, dirigé, financé et participé aux pogroms et ont fourni des armes aux mercenaires kirghizes, n'ont-ils toujours pas été arrêtés? Pourquoi ces gens-là sont-ils soigneusement protégés et escortés par les forces de l'ordre alors qu'ils auraient du être arrêtés?

-Pourquoi A. Bekhnazarov et Ismail Isakov, les membres du gouvernement qui ont activement soutenu les groupes criminels avec des armes et des chars n'ont-il toujours pas été interpellés?

- Pourquoi les ouzbeks interpellés et placé en garde à vue sont-ils sortis de prison soit morts, soit en piètre état ?

-Pourquoi des ouzbeks ont-ils été torturés en prison? Pourquoi les conventions et traités internationaux contre les tortures et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants n'ont-ils sont pas été respectés?

-Pourquoi le gouvernement du Kirghizstan il enjoint les forces de l'ordre d'enseigner le patriotisme aux ouzbeks interpellés en leur faisant ôter les pantalons et les caleçons, avant de les rouer de coups avec des mitraillettes et les font chanter l'hymne du Kirghizstan? Pourquoi les ouzbeks qui n'arrivaient pas à chanter l'hymne ont-ils été passés à tabac?

-Pourquoi, malgré l'existence d'enregistrements vidéo montrant clairement les visages de kirghizes brûlant vifs les ouzbeks ou violant les femmes, aucun d'eux n'a-t-il été arrêté?

-Pourquoi, malgré les témoignages d'ouzbeks identifiant des kirghizes coupables de viol ou de kidnapping, rien n'a-t-il été fait pour arrêter les criminels?

-Pourquoi les kirghizes qui ont été arrêtés en flagrant délit dans les quartiers ouzbeks par des ouzbeks qui défendaient leurs maisons ne sont-ils toujours pas poursuivis? Pourquoi les kirghizes qui attaquaient, pillaient, incendiaient les maisons n'ont-ils pas été arrêtés? Pourquoi a-ton arrêté-des ouzbeks qui défendaient leurs maisons?

-Pourquoi les tireurs d'élite de Sulaiman-Too arrêtés par les ouzbeks n'ont-ils toujours pas été jugés?

-Pourquoi l'état confisque-t-il les parcelles où se trouvaient les maisons incendiées appartenant aux ouzbeks? Pourquoi l'état décide-il d'y construire des barres d'immeuble sans l'accord des propriétaires?

-Pourquoi l'état kirghize ne permet-il pas aux ouzbeks de choisir entre vivre dans des barres d'immeuble ou construire sur les parcelles concernées contre une compensation? Avait-il intérêt à tolérer les pogroms pour confisquer les terres aux ouzbeks et loger des kirghizes dans de nouvelles barres d'immeuble?

-Pourquou l'état kirghize ne fait rien pour empêcher l'usurpation des biens immobiliers des ouzbeks par des groupes criminels kirghizes?

-Pourquoi l'état kirghize ne fait-il rien pour ralentir l'exode massif des ouzbeks du Kirghizstan?

-Pourquoi l'état kirghize ne laisse-til pas les media en langue ouzbek travailler? Pourquoi M. Mirzakmatov, maire de la ville d'Osh, s'est-il approprié des actions de la chaine OshTv sans réaction de la police?

-Pourquou des articles incitant à la haine raciale contienuent-ils à paraître dans la presse kirghize? Pourquoi les auteurs de ces articles ne sont-ils pas poursuivis conformément à l'article 299 du Code pénal kirghize? Cet article n'est-il applicable qu'à l'encontre des ouzbeks?

-Pourquoi l'état ne fait-il rien pour éclaircir les affaire d'extorsion à l'encontre des familles de détenus ouzbeks?

-Pourquoi l'état kirghize ne fait rien pour libérer les otages ouzbeks toujours retenus et torturés à Daraot-Korgon par la bande criminelle d'Almamat Manapiyaev?

Recommandations

Le rapport se clôt avec les recommandations des auteurs.

1. Mettre en place, avec le concours d'experts inernationaux, d'une expertise linguistique des déclarations des leaders ouzbeks du Kirghizstan et des répresentants du pouvoir kirghize pour qualifier d'éventuelles incitations à violer la constitution et des lois du Kirghizstan. Tant que cette expertise n'est pas réalisée, les pouvoirs kirghizes devraient se retenir d'accuser les ouzbeks de tentative de déstabilisation de l'état kirghize.

2. Mener une enquête internationale indépendante et rendre les conclusions qui s'imposent sur l'utilisation d'armes par l'armée et la police du Kirghizstan contre une population pacifique.

3. Mener une inquête internationale indépendante sur les resposabilités dans les pogroms.

4. Afin de stabiliser la situation, geler toutes les procédures judiciaires liées aux événements de juin jusqu'à ce que les résultats de la Commission internationale soient connus.

5.Mener une expertise judiciaire et médicale sur les prisonniers qui ont été arrêtés illégalement et les aider à retrouver leur santé.

6. La Commission internationale doit évaluer les actions du pouvoir, de l'armée, de la police et des tribunaux kirghizes qui ont laissé se produire des émeutes massives.

7.Définir une procédure de versement de dommages et intérets aux victimes ou à leurs représentants.

8. Mener une enquête sur les agressions d'avocats, garantir leur sécurité et lancer des poursuites judiciaires sur les agressions d'accusés le 11, 13, 14 octobre 2010.






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