18 novembre 2017








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Ouzbekistan: Les contacts des journalistes avec les ambassades des pays étrangers soumis au contrôle

06.03.2011 23:53 msk

Ferghana




Logo de l'Association nationale des média eléctroniques d'Ouzbekistan

Les responsables des stations de radio locales ont été convoqués le 4 mars dans les bureaux de l'Association des média électroniques, à Tashkent, pour évoquer les réglementations concernant leur activité.

Une réunion au centre de laquelle se trouvait la question des relations des radios avec les ambassades de pays étrangers. L'association des media electroniques d'Ouzbekistan oblige désormais toutes les radios du pays à la consulter à propos de toute question portant sur la coopération radiophonique et la répresentation diplomatique de pays étrangers.

Outre la coopération entre ambassades et radios sur des projets culturels – la sphère politique ou économique étant inenvisageable en Ouzbekistan en raison de la censure - cette obligation porte également sur la participation des journalistes à toute sorte de conférences de presse organisée par des diplomates étrangers et concerne tout séjour des journalistes à l'étranger pris en charge par un pays tiers.

Voici comment ce dispositif va effectivement s'appliquer : quand une ambassade proposera une coopération ou un déplacement, quand elle émettra des invitations pour une conférence de presse, le rédacteur en chef de l'organe de presse concerné devra en informer par téléphone M. Firdavs Abdukhalikov, directeur de l'Association des media électroniques, et obtenir son approbation.

L'Association nationale des média électroniques d'Ouzbelistan (НАЭСМИ) créée début 2004, a été conçue comme un organisme public. Elle a commencé par mettre en place une charte déontologique limitant les droits des journalistes à ce qui relève de la propagande idéologique. Firdavs Abdukhalikov, chef permanent de l'Association, un homme d'affaire et député, propriétaire des studios STV à Samarcande, de la radio Poitaht à Tashkent et du journal populaire Daraktchi. Les observateurs estiment que le but de l'Association des media électroniques d'Ouzbekistan est d'apporter à l'état une forme de contrôle idéologique financier sur l'activité des media électroniques.
Le rédacteur en chef doit être autorisé par téléphone à répondre à l'invitation de l'ambassade ou ne pas y donner suite. Il est clair que toute désobéissance à l'Association peut valoir de sérieux ennuis au responsable de la radio, à commencer par un licenciement.

Selon un interlocuteur de Ferghana présent à cette réunion, lequel a souhaité garder l'anonymat, les choses ne vont pas en rester là. Une autre rencontre est prénue avec les responsables des radios. Les sujets qui seront traités portent notamment sur la programmation musicale et sur le traitement de l'actualité.

Rapellons que la réunion de vendredi dernier n'était pas la première du genre. Le gouvernementgouvernement s'était déjà fendu de «recommendations» à l'égard des media ouzbeks. Une réunion s'est déjà tenu le 7 février au Centre National de la Presse entre les responsables de la presse écrite et M. Abdulla Aripov, adjoint du Premier Ministre.

M. Aripov, après avoir pointé des irrégularités dans le travail journalistique, a cité deux chaînes de télévision qui dérogeaient à la moralité à laquelle elles se devraient : DTV (émission Les nus et les rigolos) et TNT (émission Le sexe avec Anfissa Tchekova). Au lendemain de cette réunion, les diffuseurs ont reçu la «recommendation» de cesser la transmission de ces chaînes, ce qui a été fait.

Selon les sources de Ferghana quatre autre chaînes étrangères devraient être interdites en Ouzbekistan : Premiera, MuzTV, MTV et Ru-TV.

Notons que les radios ouzbeks avaient auparavant déjà reçu des ordres concernant leur travail, notamment sur ce qu'il convenait d'évoquer à l'antenne. Depuis le début des révolutions dans les pays du Maghreb et du Proche-Orient, par exemple, les radios ont eu interdiction d'évoquer la Tunisie, l'Egypte, la Lybie, sans parler de couvrir en détail les évenements dans ces pays.

Autre exemple: Les chansons de Sting ont disparu des radios locales après la tournée du chanteur en Ouzbekistan et son jugement critique du régime. Parfois, les oeuvres de chanteurs ouzbeks placés sur une liste «noire» disparaissent de la programmation musicale des radios.



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