23 septembre 2017








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Le sud du Kirghizstan aujourd'hui: chars, contrôles d'identité, et alertes à la bombe

03.06.2011 00:22 msk

Ferghana




Ces derniers jours, Osh est méconnaissable. A l'approche de l'anniversaire des événements tragiques de juin 2010, toutes les structures militaires sont en alerte maximale. La ville est envahie par policiers et militaires.

Des militaires armés équipés de gilets pare-balle et des voitures de police font leurs rondes. On s'entraîne très tôt le matin. Personne ne s'étonne plus de la présence de chars et de militaires en armes dans le centre-ville. On contrôle les identités, on vérifie que les voitures qui entrent en ville ne contiennent ni armes ni munitions.

La répétition des événéments de juin 2010 constitue-t-elle une menace réelle? Kursan Asanov, adjoint au ministre des affaires intérieures, désigné par les autorités pour ramener l'ordre en juin de l'année dernière, a répondu à cette question.

«Les événéments de juin 2010 peuvent-ils se répéter? Y a-t-il des signes ? Simplement des rumeurs selon lesquelles près de 200 personnes ayant perdu des proches l'année dernière sont parties s'entraîner dans des camps terroristes, et pourraient rentrer se venger. Des livres et des CD intitulés «Час шакала» (Tchas shakala, «l'heure du chacal», qui évoquent les événements tragiques de juin 2010 et qui sont interdits par le gouvernement kirghize) circuleraient en ville. Les intégristes cherchent le défaut de la cuirasse pour faire à nouveau basculer la situation», dit Kursan Asanov.

Maintien de l'ordre ou simple démonstration de force? Osh
Maintien de l'ordre ou simple démonstration de force? Osh, mai 2011, Photo Ferghana

Ce même adjoint rapporte que «ces rumeurs sont en cours de vérification» et que «le Comité de Sécurité Nationale (ex KGB) fait ce qu'il a à faire».

«Plus de 300 policiers supplémentaires vont être déployés dans le sud du pays pour prévenir la répétition des événements de juin 2010, déclare Asanov. Un régiment de 500 personnes a été créé dans le sud du pays».

Selon Asanov, six barrages ont été placés aux abords de la ville. En cas d'urgence, trois nouveaux barrages seront mis en place, en particulier sur la route menant à l'aéroport d'Osh (lors des événements de l'année dernière, cette route avait été barrée, ce qui aurait gêné l'arrivée de l'aide à Osh et le départ des victimes). Les frontières sont aussi en état d'alerte maximale.

Asanov dit être sûr que les moyens déployés dans le sud du pays sont suffisants pour éviter la répétition des événements de l'année dernière.

Selon Marat Orozbaev, chef de l'UVD (département de police) d'Osh, la situation dans le sud du pays est stable. Mais il confirme l'existence de rumeurs dans la région. L'UVD a ainsi connu plusieurs annonces d'attentats en ville.

«Aucun d'entre eux ne s'est confirmé, mais les forces de l'ordre sont en alerte maximale», dit Orozbaev, ajoutant que les barrages mis en place se concentrent aux points sensibles, à savoir l'hôtel Alaï, d'où les événéments sont partis l'année dernière, la rue Gagarine qui mène aux quartiers d'On-Adir et de Yugo-Vostok, et les abords de la ville. On y contrôle que les voitures ne contiennent ni munitions, ni armes, ni personnes supectes», dit Orozbaev

Un char aux abords de l'hôtel Alaï, d'où tout aurait commencé en juin 2010
Un char aux abords de l'hôtel Alaï, d'où tout aurait commencé en juin 2010. Osh. Mai 2011. Photo Ferghana

«Nous avons d'ores et déja interpellé le distributeur du film L'heure du chacal. Cet affaire dépend désormais du Comité de Sécurité Nationale. Nous avons aussi stoppé une fausse alerte à la bombe à l'aéroport d'Osh et arrêté le responsable. Heureusement que ce n'était pas vrai», conclue M. Orozbaev.

NOTE DE LA REDACTION:

K. Dushebaev, chef du Comité de Sécurité Nationale, est l'un de ceux qui répandent les rumeurs selon lesquelles des terroriste seraient partis dans les montagnes et seraient prêts à revenir pour se venger. Le 29 avril, lors d'une séance parlementaire, K. Dushebaev, déclarait que le caractère radical de «certaines catégories de population après les évenements de juin» constituait un facteur de risque pour la sécurité du pays. Selon lui, «de 300 à 400 personnes, majoritairement d'éthnie ouzbek, s'entraînaient dans des camps terroristes en Afghanistan et au Pakistan depuis les événements de juin 2010». Information non confirmée par quelqu'autre source que ce soit.
Des entraînement militaires se tiennent à Osh le 27 mai dans le cadre du renforcement des dispositifs de sécurité.

Selon Zamirbek Sidikov, inspecteur du service de presse de GUVD (département de police), il était important de remédier aux déficiences des forces de l'odre par ce biais. Il reconnaît pourtant «que ce n'est pas cette fois que la pleine coopération entre les différents services a été atteinte». De plus, selon lui, les entraînements ont démontré que les équipements et les moyens de communication en place ne suffisent pas à réprimer des émeutes de masse.

Djalal-Abad semble plus calme. Les policiers y sont rares, pas de militaires du tout. D'ailleurs, au long de la route Osh-Djalal-Abad nous n'avons rencontré aucun barrage. Mais les forces de l'ordre de Djalal-Abad ont aussi été placées en état d'alerte maximale, information communiquée par Stanbek Bakirov, chef du ROVD (département de police) de l'Oblast de Djalal-Abad.

Bakirov nous a bien assuré que si les rumeurs existaient bien, tout était sous contrôle.

«La situation dans l'Oblast est sous contôle. Je ne peux pas vous dire que tout est calme, il y a de la vengeance dans l'air. Mais cette menace reste virtuelle. Des lignes vertes ont été mises en service dans tous les GUVD. Nous passons au peigne fin tous les appels. N'oublions pas que les événements de l'année dernière à Osh sont partis d'une affaire de mœurs. Aucune rumeur ne s'est confirmée», explique Bakirov.

Lequel indique qu'il y aurait 25 barrages dans l'Oblast de Djalal-Abad, dont trois en pleine ville. Plus de 1200 personnes effectueraient des rondes dans la région.

Tous les dispositifs de sécurité seraient justifiés et éviteraient la répétition des événéments tragiques de l'année dernière. Mais il est naïf de penser que les événements partiraient du même endroit et à la même heure. Il serait plus utile de contrôler la situation dans toute la région et de garantir l'examen équitable et impartial de chaque conflit en coupant le mal par la racine.

Ekaterina Ivashenko. Agence de presse internationale Ferghana



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