23 septembre 2017








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Vingt ans après l’éclatement de l’URSS, les libertés fondamentales en Asie Centrale sont toujours menacées

11.03.2012 21:16 msk

Ferghana




Une coalition d’organisations de défense des Droits de l’Homme a publié un nouveau rapport de 41 pages évoquant des problèmes préoccupants dans le domaine du respect des droits fondamentaux dans plusieurs républiques de l’ex-URSS: Kazakhstan, Turkménistan et Ouzbékistan. Vingt ans après la disparition de l’Union Soviétique, ces pays sont toujours gouvernés par des dirigeants autoritaires qui ont monopolisé le pouvoir, marginalisé et fait taire l’opposition, et portent atteinte à la liberté d’expression des citoyens.

‘La récente vague d’insurrections dans le monde arabe a démontré aux dirigeants autoritaires d’Astana, Ashkhabad et Tashkent la fragilité de leur position. Aujourd’hui, ils semblent plus prêts que jamais à recourir à des méthodes répressives pour rester au pouvoir et éviter d’avoir à assumer la responsabilité de leurs actes», indique Brigitte Dufour, la directrice d’International Partnership for Human Rights.

Le rapport, intitulé «Un lendemain difficile: les droits fondamentaux au Kazakhstan, au Turkménistan et en Ouzbékistan vingt ans après l’éclatement de l’URSS», porte sur des cas d’atteinte à la liberté d’expression, de réunion et de culte dans les trois républiques. La tendance que l’on observe au Turkménistan et en Ouzbékistan est plus nette encore au Kazakhstan: usage des media à des fins de propagande officielle, persécution de la presse indépendante, bridage d’Internet et censure des sites critiquant le pouvoir, attaques contre des militants de la société civile et de l’opposition, répression des manifestations pacifiques, persécution des communautés religieuses, y-compris des musulmans, et des confessions non-traditionnelles (qualifiées de secte) quand elles échappent au contrôle de l’Etat.

«Alors que Turkménistan et Ouzbékistan font partie depuis longtemps des pays les plus répressifs du monde, de nouvelles craintes émergent à l’égard de la situation des Droits de l’Homme au Kazakhstan, qui ces derniers temps s’est fortement détériorée», selon Harry Hummel, le directeur exécutif de Netherlands Helsinki Commitee (NHC).

Suite aux émeutes massives des 16-17 décembre 2011 dans l’ouest du Kazakhstan, qui ont été réprimées avec un usage excessif de la force, le pouvoir a lancé une nouvelle campagne contre l’opposition, les media d’opposition et les militants syndicaux. Le pouvoir a également renforcé le contrôle d’Internet et des autres sources d’information électronique. Une nouvelle loi répressive à l’égard des religions est entrée en vigueur en 2011.

«Les militants de Droits de l’Homme du Kazakhstan et de la communauté internationale appellent les pouvoirs du pays à respecter les engagements signés dans la déclaration d’Astana, adoptée lors du Somment de l’OSCE en 2010 à Astana», dit Roza Akilbekova, militante des Droits de l’Homme.

Les régimes en place au Turkménistan et en Ouzbékistan ont aussi fait des déclarations en faveur de la Démocratie et des Droits de l’Homme. Mais dans les faits, ils travaillent à consolider leur pouvoir au mépris de l’opposition. Au Turkménistan, de nouvelles opérations ont été mises en œuvre pour bloquer les informations contredisant la propagande officielle, et pour décourager les critiques du régime en vue de la campagne présidentielle de février 2012. Les élections présidentielles n’ont été qu’un simulacre de démocratie et n’ont fait que renforcer le pouvoir du président, en exercice depuis le décès de Turkmenbashi (Saparmurat Niyazov) en 2006.

«Berdimuhammedov, lors de sa dernière campagne présidentielle, aurait aussi bien pu publier un recueil de ses promesses passées, plutôt qu’un programme», s’indigne Farid Tukhbatulin, chef de Turkmen Initiative for Human Rightsuman Rig. «Mais pas une des promesses relatives à la transition démocratique faites il y a cinq ans n’a été tenue. Et maintenant il en fait de nouvelles. Je ne crois qu’elles seront plus tenues que les précédentes».

Les pouvoirs ouzbeks ont mis en place de nouveaux dispositifs de contrôle d’Internet en réaction à l’augmentation du nombre d’utilisateurs en Ouzbékistan, craignant d’éventuelles révolutions semblables à celles du printemps arabe. Dans le même temps les pouvoirs continuent leur impitoyable campagne dirigée contre les mécontents.

«Le régime de Karimov dit mener des réformes, mais ce n’est qu’un subterfuge afin d’obtenir l’approbation internationale», estime Surat Ikramov, chef d’Initiative Group of Independent Human Rights Defenders of Uzbekistan. «En réalité, le pouvoir n’a entrepris aucune démarche concrète, mais persécute au contraire toujours les journalistes indépendants, les militants des Droits de l’Homme, les religieux et toute autre personne contestant la politique officielle», ajoute-il.

Le rapport, publié par cinq organisations de défense de Droits de l’Homme, analyse la situation des droits fondamentaux au Kazakhstan, au Turkménistan et en Ouzbékistan, se basant sur des faits précis, essentiellement collectés en 2011 et en 2012. Il trouve sa conclusion avec des recommandations à l’adresse des dirigeants des trois républiques et à la communauté internationale.

Le texte intégral du rapport est disponible ici (en russe).

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