20 août 2017








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UN JOURNALISTE OUZBEK a REÇu LE PRIX RSF POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE 2013

29.11.2013 15:07 msk

Ferghana




L’ONG Reporters sans frontières, Le Monde et TV5Monde ont décerné le prix 2013 pour la liberté de la presse au journaliste ouzbek Muhammad Bekjanov (connu aussi comme Muhammad Bekjan) et au quotidien sri-lankaisUthayan. Le nom des lauréats a été dévoilé au cours d’une cérémonie dans la soirée du 27 novembre 2013, à l’hôtel de ville de Strasbourg, annonce RSF le 28 novembre, sur son site RSF.org.

Depuis 1992, Reporters sans frontières décerne chaque année un prix international à un journaliste et un média. En partenariat avec Le Monde et TV5Monde, son objectif est d’encourager, de soutenir et de faire connaître le travail de journalistes et de médias ayant contribué de manière notable à la défense ou à la promotion de la liberté dans le monde. Depuis 20 ans, plus d’une trentaine de femmes et d’hommes, de rédactions et d’organisations ont reçu ce prix. Certains ont depuis recouvré la liberté, d’autres ont bénéficié d’une nouvelle forme de protection grâce à cette reconnaissance internationale.

“Cette année encore, nous saluons le courage exemplaire d’hommes et de femmes pour qui la mission d’informer est un combat quotidien. Ils traduisent en actes la liberté de la presse, valeur universelle qu’ils rendent concrète, vivante. Grâce à eux, l’information devient une force capable d’éclairer, de rassembler et de faire progresser la liberté”, a déclaré Alain Le Gouguec, président de Reporters sans frontières.

Pourtant, le trophée de Muhammad Bekjanov n’a été remis qu’à la défenseure des droits de l’homme ouzbèke Nadejda Atayeva, car le journaliste lui-même est incarcéré depuis quatorze ans et aucuns efforts internationaux n’aboutissent à sa libération.

« Ancien rédacteur en chef du principal journal d’opposition ouzbek, Muhammad Bekjan figure parmi les journalistes emprisonnés depuis le plus longtemps au monde », note RSF. Au début des années 90, à la tête de la rédaction d’Erk (Liberté), il a créé un réseau considérable de correspondants. Son journal a ouvert le débat sur tous les sujets tabous de la société ouzbèke : la catastrophe écologique de la mer d’Aral, le recours au travail forcé dans les champs de coton, l’état de l’économie... Des nombreuses familles ouzbèkes gardent encore des numéros de ce journal comme symbole de liberté de presse.

En 1999, Muhammad Bekjan a été arrêté sous prétexte de complicité aux attentats du 16 février 1999 à Tachkent. Il a subi des cruelles tortures lors de l’enquête. Il a réussi à transmettre une déclaration sur les tortures à ses proches, et c’était les premières informations sur les tortures dans les prisons ouzbèkes .

En août 1999, Bekjan a été condamné 15 ans de réclusion en conformité avec les articles suivants du Code Pénal ouzbek :

- 158, §3 («Attentat contre le Président de la République d’Ouzbékistan»),

- 159, §.3 («Attentat contre le régime constitutionnel»),

- 216 («Création des organisations illégales et religieuses»),

- 223, §.2 («Sortie illégale du territoire ouzbek»),

- 227, §.2 («Vol, déstruction des sceaux»),

- 228, §§2,3 («Fraude de documents»),

- 242, S.1 («Création de groupes criminels»).

En 2003 , par jeu d’amnistie, la peine de Bekjan a été réduite de 3 ans et 8 mois, et il a dû quitter la prison en février 2012. Mais, en janvier 2012, le journaliste a été condamné à quatre ans et huit mois d’emprisonnement supplémentaires pour “refus d’obtempérer aux exigences légales de l’administration pénitentiaires”. Les très rares visites accordées à ses proches et collègues confirment qu’il est dans un état de santé déplorable.

« Pas moins de huit autres professionnels des médias croupissent actuellement dans les geôles ouzbèkes, dans des conditions terribles, pour avoir défié la censure omniprésente dans le pays, qui occupe la 164e position sur 179 dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières », note RSF.

“Nous honorons cette année l’une des plumes les plus connues du combat pour la démocratie en Ouzbékistan. À travers Muhammad Bekjanov, nous souhaitons renouveler notre soutien à tous les journalistes emprisonnés dans ce pays pour avoir courageusement rempli leur mission d’information, a déclaré Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières.

“Il y a de nombreux prix décernés chaque année mais celui-ci revêt pour nous une importance particulière, déclare Pascal Guimier, directeur de la rédaction de TV5Monde. C’est un prix pour la liberté d’informer, l’une des conditions nécessaires à l’existence de toute vie démocratique. Il était donc évident pour nous d’être associé à Reporters sans frontières et Le Monde à cet événement rendant hommage à tous ceux qui font leur travail avec courage et passion, souvent au prix de leur vie, parce qu’ils ont la profonde conviction que tout cela œuvre et concourt à la liberté de tous."



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